A propos

Mon chemin avec le vivant

Le déclic

J’ai commencé ma carrière dans l’agroalimentaire. Et plus j’avançais, plus le constat devenait inconfortable : les métiers que j’exerçais contribuaient au désordre que je lisais chaque matin dans le journal. Tous les un à deux ans, la motivation retombait. J’ai fini par comprendre que ce n’était pas un hasard de parcours, mais le signe d’un besoin de changement profond et ancré. Alors j’ai décidé de mettre mes compétences d’agronome au service du bien commun, et de contribuer autrement.

L’Oasis Citadine : huit ans à faire naître un écosystème

Pendant huit ans, j’ai co-fondé et fait grandir l’Oasis Citadine, une ferme urbaine en permaculture au château de Flaugergues, à Montpellier.

Ma plus grande fierté, c’est ce que le lieu est devenu : nous sommes passés d’un champ de vignes en monoculture à un écosystème nourricier vivant, diversifié et autonome, capable de traverser le changement climatique qui s’installe peu à peu dans la région. Plus de 1 500 arbres plantés, 8 000 m² de sols régénérés, une multitude d’espèces fruitières et potagères.

Et puis il y a l’humain, que je n’avais pas anticipé et qui est devenu le cœur du projet : un collectif de personnes qui viennent faire vivre le lieu, apprendre et pratiquer la permaculture ensemble. C’est là que j’ai compris qu’un écosystème vivant, c’est aussi un écosystème humain.

Ma façon de travailler

Mon approche est holistique. Je pars de votre vision et de vos envies, autant que des besoins techniques, et j’anticipe très tôt le concret : le temps d’entretien, le nombre de personnes nécessaires, la manière dont le lieu va vivre dans la durée.

Je travaille en rendant les collectifs et les usagers autonomes : ce que nous concevons ensemble, vous devez pouvoir le faire vivre sans moi. Dans la transmission, j’aime relier le pourquoi scientifique et le comment pratique. Je ne donne pas la solution tout de suite : j’aide à comprendre les principes et le raisonnement, pour que chacun puisse les appliquer à sa situation. Et je montre par l’exemple, en m’impliquant physiquement dans la réalisation, pour lancer l’élan du groupe.

Aujourd’hui : une nouvelle page à La Margue

Après avoir mis tant d’énergie dans un lieu de partage et de transmission qui n’était pas un lieu de vie, j’avais envie d’aller un cran plus loin : découvrir comment des collectifs peuvent habiter ensemble. C’est ce qui m’a attiré vers l’écolieu de La Margue, dans le sud-Aveyron.

Je le vois comme le prolongement naturel de tout ce que j’ai construit jusqu’ici, et comme un lieu où ma famille et moi pouvons vivre ce que je transmets. J’y poursuis le même travail : régénérer un écosystème, le rendre plus robuste et résilient, et en faire un lieu d’exemple et de transmission, dans un climat à la fois méditerranéen et montagnard qui devra lui aussi s’adapter. Comment concevoir des écosystèmes qui restent nourriciers demain ? C’est la question qui me guide.

Ce qui me porte

Ce que je veux provoquer chez les personnes avec qui je travaille, c’est la prise de conscience qu’elles sont actrices de leur propre transition. Ça prend du temps, mais en posant les bonnes actions, on co-construit des écosystèmes plus robustes et plus résilients, où l’être humain retrouve sa place, en harmonie avec le vivant.

Et ma plus grande joie aujourd’hui, c’est de partager ces savoirs au quotidien avec ma famille, et tout particulièrement avec ma fille. Voir que ces gestes sont accessibles à tous me conforte dans une conviction : ce sont ces petites transmissions, mises bout à bout, qui construiront demain un monde un peu plus robuste pour tout le monde.

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